À distinguer de la force majeure : l'imprévision ne rend pas l'exécution impossible, elle la rend excessivement onéreuse. L'article 1195 du code civil, issu de la réforme de 2016, l'a consacrée en droit français après plus d'un siècle de refus par la Cour de cassation.
Un changement de circonstances imprévisible lors de la conclusion rend l'exécution excessivement onéreuse pour une partie qui n'avait pas accepté d'en assumer le risque. Celle-ci peut demander une renégociation à son cocontractant, tout en continuant d'exécuter pendant cette phase.
Les parties peuvent convenir de résoudre le contrat ou demander ensemble au juge de l'adapter. À défaut d'accord dans un délai raisonnable, l'une d'elles peut saisir le juge, qui peut réviser le contrat ou y mettre fin. Ce pouvoir de révision judiciaire constitue la véritable nouveauté du texte.
L'article peut être écarté par les parties, et il l'est très souvent dans les contrats d'affaires, par une clause où chacune déclare assumer le risque d'un changement de circonstances. Sa portée pratique dépend donc entièrement de la rédaction du contrat.